Nouvelles racines …

Cela fait un presque 5 ans que j’ai quitté la France pour m’installer à Casablanca. Alors que je commence ma réinstallation (*), une partie de moi est encore là bas … pas facile dans ces conditions de retrouver ses marques.

En 5 ans, on a le temps de changer, tout comme le pays et le rapport que l’on a avec lui. Alors que j’écris cela je ressens un nouvel équilibre se mettre en place à l’intérieur, pas toujours évident de faire le trie dans ces émotions.

La première étape a été l’installation dans un appartement de la banlieue sud que j’avais gardé. Le temps de descendre à la cave de remonter quelques objets et me voilà installé dans mon chez-moi. Pour le reste j’avoue que je ne sais pas encore.

Pour la famille, je parti avec ma fille dans le sud de la France, histoire de passer un peu de temps en leur présence. Les enfants ont grandis, de nouveaux sont arrivés, la vie continue tout simplement …

Pour les amis je pense avoir gardé avec quelques uns un lien qui devrait reprendre comme avant. Il faudra prendre le temps sur août de les revoir …

C’est étrange de sentir ses petites racines reprendre vie, comme une plante que l’on change de terre. Cela peut prendre un peu de temps pour quelle repoussent, pas trop je le pense …
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(*) En fait je ne quitte pas vraiment le Maroc – je vais continuer à faire des aller-retour régulier pour le travail et bien entendu revoir les amis …

Au fond du trou

Il y a un peu plus de 10 ans je suis passé par une terrible dépression. J’étais littéralement au « fond du trou », tétanisé.

Je pourrai parler des raisons, mais je pense que cela pas beaucoup d’importance : doutes profond de moi comme cela peut arriver à beaucoup de personnes, à différents niveaux.

J’en suis heureusement sorti et la période qui a suivi m’a permis de me reconstruire. L’homme que je suis aujourd’hui est beaucoup serein, apaisé et je le pense plus solide. En 10 ans je ne pense avoir jamais connu ces états dépressifs et c’est tant mieux.

Il y a beaucoup de tabous associés aux maladies, notamment en ce qui concerne les maladies nerveuses. En parler est à la fois une manière de faire le point mais surtout une façon de partager un peu de cette expérience, peut être pour certains de se sentir moins seuls.

Je commence aujourd’hui par le 1er enseignement de cette période : la difficulté à trouver le sommeil est un symptôme qui doit faire réagir.

Symptôme mais aussi engrenage dangereux. La « fatigue nerveuse » qui caractérise la dépression rend ensuite le sommeil difficile. Difficile alors de sortir cette spirale. Depuis lors je fais de mon sommeil une priorité. Si je passe une nuit agitée, j’essaie de travailler immédiatement sur les causes de cette agitation et surtout de les régler. Extérioriser ses émotions, comme on peut le faire par exemple ici, est un bon moyen de les réguler.

Personnellement cette recherche du sommeil est passé par de petits exercice de méditation quotidiens, de contrôle de la respiration, des émotions. Mais je pense que cela peut passer par d’autres pratiques, sport, yoga, pratique artistique, bricolage enfin je ne sais pas, à chacun son « truc », mais quoi qu’il arrive, quand on est fatigué on va au lit … point … et quand je vois quelques amis encore connecté sur Internet a 2 ou 3 heures du matin je ne peux que les encourager à faire attention … ;-)

Comme je l’exposerai dans les prochains textes, je pense que pour moi tout a découlé de là. La recherche de sommeil, m’a fait travailler sur tout ce qui pouvait le perturber. D’une certaine manière cela a fonctionné comme une recherche d’une paix intérieur …

Très raisonnable / Très déraisonnable

« High Risk / High Reward »

La vie c’est une continuité de choix, du plus petit au plus impliquant. Décider d’aller ou non travailler, décider un matin de changer de vie ou de rester dans le train-train habituel. Choisir, prendre des décisions, c’est le quotidien d’un entrepreneur …

L’entrepreneur évalue les risques et de mets en face de ces risque une rémunération. On a l’habitude de dire que plus le risque est élevé plus la rémunération est importante : « High Risk / High Reward ».

Dans le cas de l’entrepreneuriat, quand je parle de folie je parle simplement d’une zone de risque ou la plupart des gens ne se lanceraient pas. C’est un peu comme sauter à l’élastique dans le vide. Lorsque l’on voit cela pour la première foi, cela semble fou.

Quand un entrepreneur prend un décision importante, il est rare qu’il soit certain a 100% de la réussite. C’est d’ailleurs cette incertitude qui le protège de la concurrence. Comme dans le saut à l’élastique, il peut y laisser sa peau, mais il a souvent pris le temps de vérifier tout le matériel. Celui qui prend peur à le regarder oublie qu’il y a parfois des années de préparations.

Je pratique ce métier depuis un peu plus de 20 ans. Mon travail et ma vie sont intimement liés, de la même manière que raison et passion dialoguent quotidiennement. Savoir être raisonnable au moment de la prise de décision, savoir oublier la raison au bord du précipice et plonger, retrouver ces sensation.

La raison n’est qu’un outil, un remonte pente, une technique. La folie c’est une drogue (on parle souvent d’adrénaline) qu’il faut savoir apprivoiser. Pour monter haut, il faut savoir retomber, savoir faire le singe, se raccrocher aux branches … retomber avec le sourire et avoir envie de remonter, encore et encore …

Il s’agit en fait de savoir être très raisonnable et très déraisonnable. C’est dans ces aller retours que l’on s’enrichit. A rester dans la voie médiane, on vit raisonnablement, tiré par un remonte pente …

Demain …

« La vie c’est comme une boite de chocolat, on ne sais jamais sur quoi on va tomber … »

Cela fera 5 ans à la fin de cette année que j’aurai posé mes valises à Casablanca. J’y étais venu chercher une petite maison au bord de la mer, une nouvelle vie … mais comme souvent, quand on ouvre une boite de chocolat, il y a des surprises.

Casablanca n’était qu’une étape, ça je le sais depuis quelques années déjà. Mais avant de penser à repartir je devais stabiliser une activité professionnelle, je n’avais donc pas trop le choix. Cela n’a pas été facile mais je n’ai aucun regrets. Joies ou peines, sont juste des manières de sentir que l’on est en vie.

Pendant ces 5 années, j’ai beaucoup appris sur moi. Cela a été l’occasion de tester beaucoup de mes limites. C’est en parcourant ces extrémités que je sais ou se trouve le centre que veux habiter, et je sais qu’il n’est pas ici. J’ai aussi appris à distinguer ce qui compte et ce qui est superflu, à m’alléger en quelque sorte (*).

Il maintenant temps de penser à reprendre la route. Je ne sais ce que la boite de chocolat me réservera, j’ai surtout  besoin de nouveaux horizons.

Demain …
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(*) « Avant de gravir la montagne prend soin de retirer les cailloux que tu portes dans ton sac à dos … » citation de mémoire d’une intervention de Matthieu Ricard – représentant du Dalaï Lama en France …

Un an de célibat …

Je viens de fêter ma première année de célibat au Maroc, l’occasion de faire un bilan.

Cette petite réflexion a commencé par une conversation avec une copine marocaine. A la question « Des soucis sentimentaux ? » elle m’a tout de suite répondu « mon chéri s’est tapé ma copine samedi soir :D » …

Pas facile de développer une relation stable ici.

Je suis quelqu’un de sentimental et de fidèle mais ici les filles capable de gérer cela sont rares. Cela ne fait pas parti du paysage et ce comportement est généralement perçu comme de la faiblesse. En final tu te fait vite déborder si tu n’es pas un peu dur et directif.

Je vais certainement me faire chahuter par certaine de mes copines marocaines mais ma conclusion c’est qu’un garçon plutôt polygame, moins porté sur les sentiments, « rassure » en quelque sorte. Les règles du jeu de l’amour sont quelque peu différentes ici.

Pas facile d’être une femme au Maroc. Les jeunes hommes, comme partout ailleurs, n’ont pas envi de s’engager : ils ont le temps de s’amuser. Les hommes plus agés sont souvent dans l’idée d’entretenir un harem. Plus qu’ailleurs le Maroc est un monde fait pour les hommes. Cela change, notamment dans les grandes villes, mais même là cela prendra du temps …

Les filles « bien », celles qui sont protégées, ont généralement peu de liberté : contrôle parental et familiale oblige. Et beaucoup de filles qui ont la liberté de sortir dans la jungle de la nuit, développent vite des comportement « agressifs », question de survie. Difficile dans ces condition de trouver le juste équilibre.

Pour revenir a mon année de célibat, ma conclusion c’est qu’il n’est pas facile d’avoir une relation sentimentale et sexuelle équilibrée. En mettant le sentiment en premier je me suis en final trouvé toujours dans une impasse. J’ai finalement j’ai choisi de baisser mes exigences, question de survie. Je préfère aujourd’hui une relation respectueuse, mais sans engagements, si ce n’est la transparence quand elle est demandée.

Et vous savez quoi ? Et bien ça marche mieux !!! Comme quoi il est préférable de chercher les choses simples, dans un pays ou beaucoup de choses sont compliquées …

Nuque …

On fantasme un corps en images. Plus qu’un corps ce sont des « morceaux » de corps qui nous restent en mémoire.

Exemple en mots :

  • Nuque que l’on commence par frôler, frisons, peau qui se hérisse …
  • Nuque léchée avant de descendre le long du dos …
  • Nuque que l’on mordille, avant d’aller chercher ses lèvres …
  • Nuque que l’on attrape fermement comme on saisit un petit chat …

Il y plus de sensualité et de plaisir lorsque l’on déconnecte les images et que l’on replonge dans l’animalité …

La nuque est un point de jonction entre la raison et les émotions ? C’est peut être là ou ça se déconnecte … :)

Start’up made in Morocco (1)

On associe les start’up à l’innovation. Les plus connues s’appellent Google, Facebook ou Skype. Voici quelques réflexions sur leur développement au Maroc.

1) Les Start’up ne sont plus cantonnées à l’IT.

Je considère l’agence immobilière Casavisa que j’ai créé à Casablanca comme une Start’up. Lorsque j’ai créé cette agence il y un peu plus de 3 ans à Casablanca je ne connaissais rien de l’immobilier. Nous avons construit ce projet à partir d’une forte présence internet (apportant des clients) et en mettant en place des outils innovants de gestion de la relation client (permettant d’améliorer la qualité de service). J’évalue l’investissement IT dans cette agence à un peu plus d’une année homme de développements informatiques.

Ma conviction est qu’aujourd’hui pratiquement tous les métiers sont à réinventer en tenant compte des évolutions technologiques. Dans cette optique Casablanca est un laboratoire intéressant : il y a de la demande, il y a de l’intelligence et tout reste à faire sur Internet.

2) Les Start-up ne sont pas cantonnées au Maroc.

Linutop est une société qui vend des ordinateurs en Europe. C’est une société que j’ai créée (*) alors que je résidais à Casablanca. Mon associé réside à Paris (ou se trouve le siège de la société) mais nous avons pu rester en contact quotidien à travers Skype, comme si nous travaillions dans le même bureau.

Internet + Liaisons aériennes low cost font de Casablanca une ville intéressante pour des créateur de stat-up orientés vers le marché européen.

3) Le financement n’est pas vraiment un problème

Les deux sociétés que j’ai créé ont nécessité un financement réduit : l’essentiel de l’investissement a été le temps passé a concevoir les logiciels, communiquer sur Internet, réfléchir au business model, mettre en place les process, etc …

Mon avis est que le “Love Money” (l’argent des proches) peut suffire dans la plupart des cas. C’est d’ailleurs ce que je conseillerai : ne pas dépendre d’investisseurs extérieurs apporte une très grande liberté dans la gestion du projet. Cela permet de faire évoluer le business model sans passer par de longues phases de négociations.

Donc ma réponse est claire : je croie tout à fait aux succès des start’up made in Morocco …
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(*) J’ai revendu ma participation dans cette société début 2010.

Les princesses …

« Je peux obtenir ce que je veux de lui » dit elle a sa copine. Elle semble éprouver une certaine jouissance à avoir du pouvoir sur cet homme que je ne connais pas. Elle « fait sa princesse » en quelques sorte, une revanche sur un monde d’hommes qui ne laisse que peu de place aux femmes.

Toutes les Princesses adorent être couvertes de cadeau, de se sentir le centre de l’attention et des désirs même si ici les cadeaux sont souvent de mauvaises imitations.

Comme dans les contes pour enfants, la princesse attend dans son château, prisonnière de sa famille, des regards du voisinage. Elle espère qu’un jour un prince viendra la délivrer, chevauchant … une belle voiture.

La princesse de ce soir a 23 ans, un grand sourire et un corps qui attire les regards. Elle parle de devenir modèle, de faire refaire son nez. Elle termine sa bière et va faire la folle sur la piste, la soirée ne fait que commencer.

Dans le plus beau pays du monde on joue aux princes et aux princesses pour oublier la cruauté de la ville, le temps d’une danse …

PS : L’équilibre de la relation amoureuse dans les pays émergents fait une grande place à l’aspect matériel : la femme est plus en recherche de protection financière. Dans ce cadre la « sincérité » (ou l’authenticité de la relation) à moins d’intérêt que la « générosité ».

Entre critiquer et faire …

La première version de Casawaves faisant une place importante à la critique, critique notamment de beaucoup de dysfonctionnements que je pouvais observer ou subir au Maroc. Au fil des années j’ai compris que la critique était aisée et surtout qu’elle faisait pas avancer les choses.

La critique en provenance d’un étranger est rarement bien comprise, quelque soit le pays. Mais surtout ce qu’attendent les marocains ce n’est qu’un étranger leur dise qu’ils vivent dans un pays imparfait, ils le savent déjà, mais qu’on vienne plutôt leur donner un coup de main.

Qu’elle est la valeur ajoutée d’un étranger à critiquer quand il existe ici une liberté d’expression, certes imparfaite, qui permets a des acteurs locaux de la prendre en charge.

C’est pour cela que le nouveau positionnement de Casawaves est résolument orienté vers les réalisations positives : mettre en valeur notamment le travail des acteurs locaux et les aider à faire leur promotion, faire émerger de nouveaux discours, de nouveaux leaders

Au-delà de ce projet, j’aimerai allez plus loin de la simple communication autour de Casawaves. C’est de ce désir qu’est né le projet « Un concert – Une école » …

Entre critiquer et faire … finalement c’est plus utile de faire :) )

Amour altruiste ?

A la question qu’est ce que l’amour, c’est le mot « Amour altruiste » qui m’est venu à l’esprit. Voici la définition qu’en donne Mathieu Ricard (*) :

L’amour altruiste est la joie de partager la vie de ceux qui nous entourent et que nous aimons et de contribuer à leur bonheur. On les aime pour ce qu’ils sont et non pas à travers le prisme de l’égocentrisme. Au lieu d’être attaché à l’autre, on est concerné par son bonheur, au lieu de vouloir le posséder, on se sent responsable de son bien-être, au lieu d’attendre une gratification de sa part, on sait recevoir avec joie son amour réciproque.

Avec le recul, le pense avoir toujours connu l’amour. Il n’était pas toujours partagé, mais je pense avoir toujours aimé comme au premier jour sans calcul et sans retenue. Quelque fois fois je suis parti, quelque fois elle est partie, mais je n’ai aucun regret.

Jalousie ? Si je sais que tu es heureuse sans moi, je te laisserai partir sans haine. Il me suffira de repenser aux moments de bonheur que nous avons connu pour remplacer ce vide par un sourire.

Faire l’amour ? Donner du plaisir avant d’en prendre. Jouir deux fois, une premier fois avec toi, une seconde fois en toi …
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(*) A lire à ce sujet « plaidoyer pour le bonheur »