Les regrets …

En citant le texte de Calvin Russel : « J’ai pris beaucoup de routes … Les plus stupides m’ont beaucoup plus apprises que les plus sages ne pourront jamais le faire » une amie m’a fait la réponse suivante :

je me fierai plus aux routes qui semblent les plus sages, parce que de toute façon, on n’est jamais à l’abri d’une connerie…

Voici la réponse que je lui ai faite :

Si tu penses que ce n’est pas le but qui importe mais le chemin, que ce qui compte c’est ce que tu va apprendre sur la route alors les routes sans surprises sont moins intéressantes. Si la route « sage » est celle dont tu connais la destination, tu risques de t’ennuyer (et en plus tu n’es pas non plus à l’abri d’une « connerie »). Encore une fois ce n’est pas la destination qui importe, la destination nous la connaissons tous …

Partir au Maroc il y a quatre ans était considéré par la plupart de mes proches comme de la folie … la plupart n’ont pas bougé, sont toujours dans leur appartement, dans leurs crédits, leur quotidien. La sagesse pour eux était de ne pas bouger,  … pour moi rester était de la folie. Entre temps la crise est passée par là. Certains ont perdu leur boulot, ont toujours leurs crédits sur le dos, … comme quoi, ce n’est que lorsque l’on quitte la table de jeux qu’il faut compter les jetons pour déterminer qui avait raison, qui avait tord.

Cependant il ne faut pas faire n’importe quoi, choisir une route à pile ou face. Il faut avoir une bonne boussole intérieur pour ne pas trop se perdre (ou tout du moins avoir toujours la possibilité se retrouver). Il faut surtout savoir dire ce que tu aimes vraiment au delà de ce pensent les autres. Avant de choisir une route, il faut regarder au fond de soi, c’est probablement là ou se trouve la réponse.

Pour terminer je reprendrais cette lettre de 2006, destinée à un ami qui a choisi de prendre les routes « sages » :

Paris le 3 février 2006.

Lette à un ami resté à la Défense

Nous avons fêté l’année dernière tes 40 ans, on se voit toujours le WE en famille mais je dois te dire que des choses me manquent, notamment le temps ou tu voulais “travailler dans la musique”, le temps ou nous avions le temps de penser à nous et à nos rêves.

Tu travailles dans ta “world compagnie“, tu as “une bonne place” mais tu me dis que tu te fais “chier à faire des conneries“. Tu as des crédits sur le dos pour ton pavillon en banlieue, tu dois penser aux études de tes enfants, tu as des inquiétudes pour ta retraite, une vie qui ne te plait pas. Je pense que tu as perdu quelque chose en route, mais quoi ?

Tu me dis que dans business on ne doit pas faire de sentiments « business is business ». Permets moi de te dire que « le business » ce sont aussi des hommes, des affects, des histoires personnelles. A raisonner “dans le business” comme des machines avec un tableur Excel on y perd son âme et l’on finit par devenir étranger jusqu’à soi même. Je constate simplement que je n’ai eut avec toi que des discutions superficielles et distantes depuis quelques années. Juste un constat (et non un reproche). Un ami qui je pense te connais bien te dis que tu sembles parfois un peu égaré, on va dire “surchargé“.

Ce n’est jamais agréable de dire des choses désagréables à des gens qu’on aime. Mais si ce ne sont pas les gens qui te sont proches qui te le disent, qui le fera ? Je prends le risque de te le dire et de me tromper, j’espère simplement que tu retrouveras le petit grain de folie, les envies, les rêves et les engagements de ta jeunesse. En attendent je pense souvent à toi …

Les regrets sont les risques que l’on n’a pas voulu prendre …

A lire aussi : La rivière, les chemin de la vie …


Tous les articles écrits par Laurent Bervas.

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