Le téléphone de Bogoss
Pour créer le personnage de bogoss (1) nous nous sommes inspiré de petits faits que toute personne vivant à Casablanca a au moins vécu une fois.
Je me souviens avoir rencontré il y a quelques années simo, qui était le bogoss typique. Il m’expliquait comment il organisait ses rendez-vous avec ses copines (ce qui a inspiré la chronique « Au jeux de l’amour« ).
Vers 18h00 il envoyait une dizaine de SMS et attendait les réponses. Généralement il gardait 2 ou 3 rendez-vous parce qu’il est fréquent (pardon très fréquent) que ses partenaires annulent (dans le meilleurs des cas) ou tout simplement ne se pointent pas au rendez-vous (et comble de l’élégance fassent le mort et ne répondent plus au téléphone).
Ce monde fonctionne un peu comme une jungle. Dans cette ville – ou pratiquement tout fonctionne sur le rapport de force – il faut qu’il y ait un vainqueur et un vaincu – il faut que quelqu’un s’humilie à appeler 2, 3 fois sans réponses …
Personnellement je l’ai vécu il y un peu plus de trois ans. Exemple parmi quelques autres. On doit partir le samedi matin en couple pour la plage. Appel vers 10h : répondeur. Appel toutes les deux heures, toujours rien. Le dimanche ver 16h00 le téléphone répond enfin : « oui bébé je suis chez ma copine à Bouznika, c’est mon téléphone qui n’avait plus de batterie je suis désolée ».
Depuis je filtre, deux rendez-vous « plantés » et la personne passe en « niveau faible ».
Niveau faible ? C’est comme cela que nous qualifions les clients de l’agence (et ils sont nombreux) qui ne se présentent pas à un rendez-vous et qui ne répondent pas au téléphone. On leur attribue le statut « client faible » dans notre système informatique (nous avons 3 niveaux : fort / moyen / faible).
Ici, plus qu’ailleurs, il faut filtrer ses relations personnelles comme professionnelles. Au passage ce comportement n’est pas spécifique aux clients marocains. Certains étrangers, et c’est bien dommage, prennent vite les mauvaises habitudes. C’est, il me semble, d’autant plus impardonnable.
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(1) C’est une création collective. Les idées de départ sont collectives, pour ensuite être reprises pas une rédactrice (nous avons à ce jour travaillé avec deux personnes différentes).
Tous les articles écrits par Laurent Bervas.
