Entreprendre en 2010 – en France ou au Maroc
L’entrepreneuriat est pour moi une passion et j’ai toujours plaisir à donner des conseils à de jeunes entrepreneurs. Si je suis plutôt du genre enthousiaste à encourager la prise de risques je dois reconnaître que depuis quelques temps je suis plutôt à préconiser la prudence.
Depuis que j’exerce ce métier (*), j’ai connu pas mal de période de crise. Celle que nous traversons est particulière car je pense qu’elle est amenée à durer. Si il reste des opportunités il faut faire très attention, car elles sont en nombre très réduit. Voici 3 conseils que je donne systématiquement ces derniers temps.
Le premier conseil est de rester le plus proche possible de son domaine de compétence.
J‘ai souvent vu des personnes se lancer dans l’entrepreneuriat sans expérience de la gestion d’entreprise ou du domaine dans lequel ils se lançaient (si ce n’est comme consommateur). En période de « mauvais temps », il est important de ne pas multiplier les fronts : sécuriser une partie de « l’équation entrepreneuriale » me semble la voie de la sagesse.
Au passage c’est un conseil que je donne aux entrepreneurs étrangers qui se lancent au Maroc. J’en vois souvent qui se lancent dans un pays qu’ils connaissent peu (si ce n’est comme touriste), sans véritable expérience de l’entrepreneuriat et sans vraie connaissance du métier. Se lancer dans ces condition, c’est comme essayer de commencer la voltige par un triple saut périeu …
Le second conseil est de réduire au maximum toutes les charges. Privilégiez les business que vous pouvez gérer si possible sans personnel et sans bureaux. Externalisez au maximum.
C’est par exemple le choix que nous avons fait avec le Linutop et qui nous a permis d’être profitable rapidement. La recette fut :
- vente en ligne uniquement,
- communication virale,
- absence de bureaux physiques,
- externalisation de la gestion de stock …
En restant hyper léger il est alors possible de dégager un premier (petit) revenu rapidement. Cela permet de durer suffisamment longtemps jusqu’à atteindre une meilleur profitabilité. En période de crise c’est celui qui reste en vie qui a le plus de chance de remporter la mise.
Un conseil plus particulier au Maroc est d’éviter aujourd’hui d’investir dans les murs (cas d’un restaurant ou d’un Riad par exemple). En effet la bulle immobilière ne s’étant toujours pas dégonflée les prix restent hauts. Dans ces conditions, vous êtes alors quasi assuré de faire une moins-value et quoi qu’il en soit d’avoir des charges (d’amortissement ou locatives) prohibitives rendant votre profitabilité aléatoire.
Le dernier conseil est de s’intéresser en priorité aux business existant qui peuvent être amélioré par un bon usage des nouvelles technologies.
Que ce soit les entreprises ou les particuliers, la période est aux économies. Si vous pouvez proposer un service équivalent ou supérieur pour un prix inférieur ou égal, vous avez entre les mains le début d’un bon business.
C’est le choix que nous avons fait avec Casavisa, en prenant l’intermédiation immobilière et en capitalisant sur la communication Internet et la mise en place de process interne rigoureux. Cela nous a permis de proposer un service de meilleurs qualité tout en gardant des charges réduites.
Un bon usage des réseaux sociaux (comme facebook) vous permettent notamment d’économiser en frais de communication et de prospection. C’est à mon avis là ou se trouvent les niches à explorer dans les 2 années à venir.
En conclusion, dans la période actuelle soyez prudent et attendez vous a des moment difficiles. Dans ces conditions, mais ça c’est plus un conseil qui reste toujours vrai quelque soit la période, faites ce métier avec passion (avant de chercher à vous enrichir). C’est le seul moyen d’être certain qu’il vous restera quelque chose à la fin : vous être fait plaisir ![]()
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(*) Une erreur faite par de nombreux entrepreneurs débutant est de croire qu’un bon diplôme ou une bonne expérience professionnelle permet de passer facilement à l’entrepreneuriat.
L’entrepreneuriat demande de la pratique. En ce qui me concerne j’ai eu la chance de commencer dans une période beaucoup plus propice ou j’ai pu faire de nombreuses erreurs sans mettre en danger mon activité. Je dois reconnaitre que la période est beaucoup moins favorable à ce type d’approche : il faut être bon très rapidement.
Tous les articles écrits par Laurent Bervas.
