Histoires de Samsars
(Texte publié en 2006 mon 1er blog – Il inaugure une nouvelle rubriques intitulée “Chroniques de Casablanca” )
Le Samsar fait un peu parti du folklore local. Ceux dont je vais vous parler sont Français ou Marocains car l’embrouille n’a pas de frontières. Ils passent une partie de leur journée assis à la terrasse des cafés (c’est d’ailleurs toujours là où ils vous donnent rendez-vous). J’avoue parfois avoir été bluffé par ces princes de l’illusion. On pourrait en rire mais autant on peut accepter de se faire rouler dans la farine par un vendeur de babouches, autant le rêve de toute une vie gâché par l’avidité de certains prête moins à l’amusement.
Dans ces histoires de Samsars on vous parlera de :
« L’infographiste », en France il travaillait dans une boîte de pub, ici il s’est improvisé architecte d’intérieur. Il arrive encore à faire illusion. Il bidouille, se rémunère en prenant une « commission » sur les fournisseurs. Pas très moral, quand on sait que les conséquences funestes des économies faites sur certains chantiers.
« Bô gosse », fils de bonne famille installé dans les beaux quartiers de Casa. Il rêve de vie facile, tout lui avait souri jusqu’alors: les filles, les soirées bien arrosées, c’était une star. Alors qu’il vient d’avoir 30 ans, son papa vient de lui couper les vivres : « mon fils il est temps de te marier et de gagner ta vie ». Alors il fait le rabatteur pour des copains dans la promotion immobilière. Ce n’est pas facile car même dans l’arnaque il faut se lever tôt et avoir un peu de rigueur …
« Milou » qui vend des riads sur Internet à partir de la France. Après avoir épuisé ses assédics, il s’est inscrit au RMI. Il gagne bien sa vie, tout ça sans rien déclarer. Vous le croiserez peut être au détour d’un forum de discussion sur les retraités au Maroc.
« 4×4 » agent immobilier né a Casa qui chat sur MSN avec un photo de Porsche Cayenne. Comme il n’en a pas pour draguer dans la vraie vie, il se rattrape sur Internet.
« Fredo », français la cinquantaine bien avancé, échoué au Maroc, il fréquente les boites de nuits à Marrakech, il brûle ici peut être ses dernières cartouches avant de partir « plus loin » tenter sa chance en Algérie ou au Congo.
A coté de ces personnages récurrents, vous y croiserez des notaires par toujours très catholiques musulmans, des barbouzes reconvertis dans l’investissement international, des danseuses orientales, des princes du Golfe en goguette, …
Beaucoup de mes amis m’avaient prévenu : il faut avoir le cœur bien accroché pour se lancer dans l’immobilier au Maroc … ils avaient raison
Tous les articles écrits par Laurent Bervas.
