“If you want to be Rich, You’ve got to be a Bitch”

(Texte publié en 2006 mon 1er blog – Il inaugure une nouvelle rubriques intitulée “Chroniques de Casablanca” )

boiteAlors que les premières mesures de la chanson résonnent, les filles se lèvent pour occuper la piste, elle reprennent en cœur les paroles :“If you want to be Rich, You’ve got to be a Bitch”. 2h00 du Matin, une boite de nuit d’un grand hôtel de Casablanca, la fête bat son plein. Ce que l’on peut apprécier dans ces lieux, c’est qu’il y a peu d’ambiguïté, tout le monde, ou presque, sait pourquoi il est là.

Les hommes en voyage d’affaire consomment leurs verres à 135 dirhams alors que les filles tournent autour des tables. Tout se passe comme dans un ballet bien huilé. Les hommes surplombent la piste, ils se croient chasseurs, alors que ce sont bien eux qui sont au menu.

On leur laisse le temps de s’installer, une dizaine de minutes, la victime doit se sentir en confiance. Il faut lui laisser le temps de respirer, de se détendre avant que la danse ne commence. Certains ne sont pas très à l’aise, discutent entre copains, sans trop oser regarder autour d’eux, ils ont du mal à cacher un fond de culpabilité.

Il y a là de très belles filles, de toutes les couleurs, comme un magasin de jouet pour adultes. Les tenues sont juste provocantes, pas trop. Dans ces hôtels de luxe, les chambres se négocient entre 1500 et 3000 dirhams la nuit. Moyennant la location d’une seconde (un bon business pour les actionnaires de l’établissement), il est possible de monter avec l’une de ces déesses. Rien de particulier au Maroc, il se passe ce qui se passe à Cuba, à Bangkok ou dans toutes les capitales du monde, la prostitution fait parti des services offerts par certains palaces. A Paris on appelle cela « un deuxième oreiller ».

Passé le moment de répit, le spectacle peut commencer. Les filles installées au bar commencent à lancent des regards appuyés, certaines se rapprochent pour demander du feu, d’autres commencent des déhanchements suggestifs, faisant admirer leur chute de rein à quelques mètres des verres de whisky. La prostitution est interdite au Maroc ? Pratiquement tous les hôtel de luxe ont leur boite, parfois avec une « stafette » de police à l’entrée pour assurer la sécurité, on sait prendre soin des riches visiteurs. Le sexe et l’argent font tourner le monde ? rien de nouveaux sous le soleil.

“If you want to be Rich, You’ve got to be a Bitch”, n’en finit pas de tourner dans les boites de Casablanca. Ce sera certainement l’un des tubes de l’été.


Tous les articles écrits par Laurent Bervas.

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