Le Milou et les « Déesses à forte poitrine »

(Texte publié en 2006 mon 1er blog – Il inaugure une nouvelle rubriques intitulée “Chroniques de Casablanca” )

whyskyLe « Milou » était au Bar accompagné d’une déesse brune à forte poitrine. Lui, son verre à 135 dirham à la main, elle, les yeux collés à son téléphone portable, à faire du « suivi client ». A 2h00 du mat’, dans la boite de nuit d’un palace de Casa, Milou (1) se présente comme « homme d’affaires ».

Sur surnom, il le doit à une petite houppette blonde comme Tintin et un sourire à la Rantanplan. Si Milou est agent immobilier célibataire au Maroc, en France, il est marié, inscrit au assedics. Il fait parti de ces gens qui gueulent après le système mais qui en profitent allègrement. Je l’écoutais, avec une mine distraite, je préférais échanger quelques sourires avec sa voisine.

Ce soir là, il essayait me vendre un programme immobilier dans la région d’Agadir. Je le laissais débiter son boniment, mais je connaissais l’affaire. L’arnaque, car il s’agissait bien d’une arnaque, consistait à vendre les villas à des étrangers qui ne connaissent pas trop les lois du pays. On leur faisait verser une forte avance dont une grande partie au black, en dehors de toutes les règles en vigueur dans le pays. Plusieurs clients, sont d’ailleurs en procès, avec peu de chance de retrouver leur somme de départ. Milou faisait partie des rabatteurs travaillant en France.

Le Maroc attire beaucoup de ces aventuriers qui se servent de l’opacité des lois et d’un système judiciaire défectueux pour prospérer. Ils arrivent à effrayer les client étrangers récalcitrant en se ventant d’avoir telle ou telle autorité dans la poche. Difficile pour un étranger de savoir s’y retrouver. J’avoue moi-même avoir été parfois abusé.

Le Milou avait vite compris qu’il aurait du mal à me vendre sa salade. Alors qu’on sortait de la boite, il me proposait, si cela m’intéressait, de terminer la nuit avec la Brune l’accompagnant. En bon commercial, ayant raté sa vente de villa, il espérait peut être se rattraper en touchant sa com. sur le travail de la demoiselle … « if you want to be rich, you’ve got to be a bitch » résonnait dans l’escalier qui nous amenait aux voitures.

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(1) tous les personnages de ce récit sont bien entendu fictifs, toute ressemblance, blabla, blabla, ne serait que fortuite en commençant par le « JE ».


Tous les articles écrits par Laurent Bervas.

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